Livret A, LDDS ou LEP : le comparatif complet des livrets 2026

Taux, plafonds, conditions, fiscalité : Livret A, LDDS et LEP comparés pour 2026, avec l'ordre dans lequel les remplir et des exemples chiffrés.

Publié le 6 octobre 2026 · 8 min de lecture

Trois livrets, trois noms qui se ressemblent, et une question qui revient sans cesse : lequel ouvrir, et dans quel ordre ? Le Livret A, le LDDS et le LEP ont beaucoup en commun. Ils sont garantis, sans impôt, disponibles à tout moment. Leurs différences tiennent en quelques chiffres, mais ces chiffres changent la donne. Voici de quoi trancher en cinq minutes, puis les détails pour ceux qui aiment comprendre.

Le comparatif en un coup d’œil

Livret ALDDSLEP
Taux net depuis le 1er août 20261,7 %1,7 %2,5 %
Plafond des versements22 950 €12 000 €10 000 €
Intérêts annuels au plafondenviron 390 €environ 204 €environ 250 €
Impôt et prélèvements sociauxAucunAucunAucun
ConditionsAucune, un par personneUn par personneRevenus sous un plafond
DisponibilitéImmédiateImmédiateImmédiate
GarantieÉtatÉtatÉtat

Les trois livrets se cumulent. Une personne éligible au LEP peut donc placer jusqu’à 44 950 € sans risque ni impôt, et un couple deux fois plus.

Le Livret A : universel et simple

C’est le placement le plus répandu en France, et pour cause : tout le monde peut en ouvrir un, enfant compris, dans n’importe quelle banque qui le propose. Le versement minimum est de 10 € dans la plupart des établissements.

Son taux est de 1,7 % net depuis le 1er août 2026, après six mois à 1,5 %. Il est fixé par les pouvoirs publics selon une formule qui tient compte de l’inflation et des taux à court terme, et peut donc bouger deux fois par an. Le plafond de 22 950 € concerne vos versements : les intérêts capitalisés peuvent le dépasser sans problème.

Une règle à connaître : on ne peut détenir qu’un seul Livret A. En ouvrir un second expose à une pénalité calculée sur son solde.

Le calcul par quinzaine

Les intérêts du Livret A, comme ceux du LDDS et du LEP, sont calculés par quinzaine. Un versement commence à rapporter le 1er ou le 16 du mois qui suit, et un retrait cesse de rapporter à partir du début de la quinzaine où il a lieu. En pratique, verser juste avant le 1er ou le 16 et retirer juste après ces dates optimise un peu les intérêts. Le gain reste modeste sur de petites sommes, inutile d’en faire une obsession.

Le LDDS : le jumeau au plafond réduit

Le livret de développement durable et solidaire a exactement le même taux que le Livret A, 1,7 % net, la même fiscalité nulle et la même disponibilité. Sa seule vraie différence pour l’épargnant est son plafond, limité à 12 000 €.

Une partie des sommes collectées sert à financer des projets liés à la transition énergétique et à l’économie sociale et solidaire, d’où son nom. Pour votre portefeuille, il joue un rôle très clair : prendre le relais une fois le Livret A rempli.

Le LEP : le meilleur des trois, si vous y avez droit

Le livret d’épargne populaire rapporte 2,5 % net depuis le 1er août 2026, soit nettement plus que ses deux cousins. Son plafond est de 10 000 €. Il est réservé aux foyers aux revenus modestes ou moyens, ce qui en fait le livret le plus méconnu.

Les conditions de revenus en 2026

Pour ouvrir ou conserver un LEP en 2026, le revenu fiscal de référence de votre foyer (celui de l’avant-dernière année ou de la dernière année) ne doit pas dépasser un plafond qui dépend du nombre de parts. Selon service-public.fr, il est de 23 028 € pour une part et de 35 326 € pour deux parts en métropole, puis augmente avec chaque demi-part supplémentaire.

Le revenu fiscal de référence figure en première page de votre avis d’impôt. Il est souvent bien plus bas que vos revenus réels, car il tient compte de l’abattement de 10 % sur les salaires. Un salarié seul payé autour de 2 000 € net par mois peut ainsi être éligible : vérifiez avant de vous écarter vous-même.

Le LEP est limité à un par personne et à deux par foyer fiscal. Le versement minimum à l’ouverture est de 30 €. La banque vérifie votre éligibilité chaque année, le plus souvent directement auprès de l’administration fiscale.

L’essentiel à retenir Les trois livrets sont garantis, sans impôt et disponibles à tout moment. Le LEP rapporte le plus (2,5 % net) mais exige des revenus sous un plafond. Le Livret A et le LDDS rapportent 1,7 % net. Ordre de remplissage conseillé : LEP, puis Livret A, puis LDDS.

Dans quel ordre les remplir ?

La logique est simple : on commence par le livret qui rapporte le plus.

  1. Le LEP, si vous êtes éligible, jusqu’à 10 000 €.
  2. Le Livret A, jusqu’à 22 950 €.
  3. Le LDDS, jusqu’à 12 000 €.

Entre le Livret A et le LDDS, l’ordre importe peu puisque leur taux est identique. Commencer par le Livret A est simplement plus pratique : il a le plafond le plus élevé et vous en avez peut-être déjà un.

Au-delà, si vous avez encore de l’argent à garder disponible, les livrets bancaires prennent le relais, mais leurs intérêts sont soumis à la flat tax de 31,4 %. Pour une somme dont vous n’aurez pas besoin avant plusieurs années, le fonds euros d’une assurance-vie, qui a rapporté 2,63 % en moyenne en 2025 avant prélèvements sociaux, devient souvent plus pertinent. Notre guide des placements sans risque passe en revue toutes ces options.

Trois exemples chiffrés

Ces situations sont des illustrations, pas des recommandations personnalisées. Les intérêts sont calculés sur une année pleine au taux actuel, qui peut évoluer.

Léa, 24 ans, 4 000 € d’économies, éligible au LEP. Tout va sur son LEP : environ 100 € d’intérêts sur un an, contre 68 € sur un Livret A. L’écart paraît faible, mais il grandit avec la somme et les années. Pour un premier capital, notre guide où placer 1 000 € donne d’autres pistes.

Thomas, 35 ans, 20 000 €, non éligible. Il place tout sur son Livret A, qui n’est pas encore plein : environ 340 € par an, sans impôt. Il n’a pas besoin du LDDS pour l’instant.

Nadia et Paul, 45 ans, mariés, 60 000 € d’épargne, éligibles au LEP avec deux parts. Ils ouvrent chacun un LEP (20 000 € au total, environ 500 € par an), puis remplissent un Livret A à hauteur de 22 950 € (environ 390 €) et un second avec le solde de 17 050 € (environ 290 €). Total : près de 1 180 € d’intérêts annuels, sans un euro d’impôt. Avec de telles sommes, une partie gagnerait sans doute à être placée à plus long terme : voyez notre article où placer 50 000 €.

Livret réglementé ou livret bancaire : le calcul qui tranche

Les banques mettent parfois en avant des livrets maison à des taux qui semblent plus alléchants que 1,7 %. Avant de vous laisser tenter, faites le calcul après impôt. Les intérêts d’un livret bancaire sont soumis à la flat tax de 31,4 %, ce qui ampute près d’un tiers du rendement affiché.

Prenons un livret bancaire à 2,3 % brut (taux hypothétique, pour l’exemple). Après impôt, il rapporte environ 1,58 % net, moins que le Livret A. Pour faire jeu égal avec un livret à 1,7 % net d’impôt, un livret fiscalisé doit afficher environ 2,48 % brut. Pour égaler le LEP à 2,5 % net, il faudrait plus de 3,6 % brut, un niveau qu’on ne voit guère qu’avec des offres promotionnelles de courte durée.

Autrement dit, tant que vos livrets réglementés ne sont pas pleins, il n’y a presque jamais de raison de passer par un livret bancaire.

Ouvrir, transférer, fermer : le mode d’emploi

Ouvrir un de ces livrets prend quelques minutes, en agence ou en ligne, avec une pièce d’identité et un justificatif de domicile. Pour le LEP, prévoyez aussi votre dernier avis d’impôt, même si la banque peut désormais vérifier votre éligibilité directement.

Vous n’êtes pas obligé de tout regrouper dans votre banque principale. Rien n’empêche d’avoir votre Livret A dans un établissement et votre LEP dans un autre. Si vous souhaitez déplacer un livret existant, la nouvelle banque peut souvent se charger du transfert, ce qui évite de fermer puis rouvrir vous-même. Avant d’ouvrir ailleurs, vérifiez simplement que vous ne détenez pas déjà un exemplaire du même livret, oublié depuis l’enfance par exemple : la règle du livret unique s’applique à chacun des trois.

Fermer un livret est gratuit. Les intérêts acquis jusqu’à la clôture vous sont versés, calculés par quinzaine.

Ce que ces livrets ne font pas

Ils ne vous enrichiront pas. À 1,7 %, le Livret A suit à peu près l’inflation certaines années, et fait moins bien d’autres années. Sur vingt ans, un capital laissé uniquement sur livret aura très peu progressé en pouvoir d’achat.

Leur rôle est ailleurs : servir de coussin de sécurité et accueillir l’argent de vos projets proches. Pour savoir combien garder de côté avant d’investir ailleurs, lisez notre article sur l’épargne de précaution. Et pour comparer ces livrets aux placements plus dynamiques, notre comparatif des placements 2026 met tout côte à côte.

Questions fréquentes

Peut-on avoir un Livret A, un LDDS et un LEP en même temps ?

Oui, les trois se cumulent, chacun dans la limite de son plafond. Ils peuvent même être ouverts dans des banques différentes, mais vous ne pouvez détenir qu’un exemplaire de chaque.

Que se passe-t-il si je ne suis plus éligible au LEP ?

La banque vérifie chaque année vos revenus. Si vous dépassez le plafond, elle peut clôturer le LEP et vous restituer le solde, que vous pourrez reverser sur votre Livret A.

Le taux du Livret A peut-il encore baisser ?

Oui. Il est révisé en principe deux fois par an, en février et en août, selon l’inflation et les taux à court terme. Il est passé de 1,5 % à 1,7 % au 1er août 2026.

Les intérêts dépassant le plafond sont-ils perdus ?

Non. Le plafond limite vos versements, pas le solde. Les intérêts sont ajoutés chaque 31 décembre, même si le livret dépasse alors son plafond.

Information générale, à jour à la date indiquée ci-dessus : taux, plafonds et règles fiscales évoluent. Cet article n'est pas un conseil en investissement personnalisé ; tout placement non garanti comporte un risque de perte en capital.